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Salade de poisson froid et avocat

Parmi les ingrédients qu’il nous peine de rayer de notre alimentation, il y a l’avocat. Bien qu’il ne soit pas non plus un de nos produits fétiches, on aurait pour autant du mal à s’en passer complètement !

On vous propose de le découvrir au travers d’une recette de salade de poisson froid. Inspirée d’un de nos voyages, elle peut aussi parfaitement être revisitée avec des produits locaux.

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Qu’est ce qu’une recette instinctive ? Tout simplement une recette pour laquelle on ne délivrera pas de proportions en particulier, ou encore de méthode toute faite.

La cuisine est une affaire de goût et de sensibilité. Notre souhait, c’est de vous inciter à développer votre créativité culinaire.

Pour cela, on vous invite vraiment à réinventer les recettes partagées ici, à utiliser ce que vous avez à disposition, à ne pas vous sentir bridé par les ingrédients que l’on vous donne… C’est ça la cuisine : être curieux, débrouillard et inventif ! Et c’est surtout toujours se faire plaisir et écouter son ventre.

 

salade-poisson-froid
salade de poisson et avocat
l'histoire

Cette recette, on l’a imaginée au retour de notre road trip en Martinique. C’est un peu un mix de nos souvenirs gourmands. L’avocat y pousse localement et ils y sont absolument démentiels. Il y a également le souskay, qui est (en gros) un émietté de morue assaisonné avec du citron, des épices, du piment végétarien… Alors on a eu envie de faire un joyeux mélange de ces influences, avec ce qu’on a pu trouver ici. Pour le temps d’un repas, repartir en voyage…

Pour en savoir plus sur notre séjour sur l’Île aux fleurs (et la cuisine Créole !), n’hésitez pas à aller faire un tour sur notre article :
Martinique-découvrir
Illustration - avocat
Ingrédients
  • Un bon dos de cabillaud (rappelons que le cabillaud et la morue, c’est le même poisson. C’est juste que “cabillaud” est le nom qu’on donne au poisson “frais”, tandis que “morue” est le nom donné au cabillaud conservé dans le sel).
  • Quelques tomates
  • Un petite courgette
  • Un poivron
  • Une branche de céleri
  • Un bel avocat
  • Des citrons verts et jaunes
  • Des herbes : persil plat, coriandre ( en ce moment elle monte en graine donc on a peu de feuilles, mais par contre on a les fleurs (blanches) et les graines fraîches qui sont des petites bombes de saveur)
  • Des fleurs comestibles : ici tagette
  • De quoi assaisonner : de l’huile d’olive, de la sauce soja, de la sauce nuoc-mam…
Si vous voulez ajouter un peu plus de chaleur dans cette salade, n’hésitez pas à intégrer du piment frais !
Procédé

1) Le poisson 

  • Le cuire juste nacré à la vapeur
  • Le laisser gentiment refroidir, puis l’effeuiller (= le séparer délicatement et manuellement en morceaux, excusez le jargon de cuisiniers 🤗)
  • L’assaisonner avec de l’huile d’olive et une partie des herbes hachées (il marinera gentiment le temps de préparer le reste)

2) Les légumes crus et cuits

Tous les légumes sont préparés et assaisonnés séparément, pour encore plus de fun et de diversité !

  • Les tomates : tailler en brunoise et assaisonner tout simplement avec un peu de sel, de l’huile d’olive et des graines de cumin
  • La courgette et le poivron : tailler en fines rondelles pour les courgettes et en brunoise pour le poivron. Puis passer quelques secondes à la vapeur. Et enfin mariner le tout dans de l’huile de l’olive, du jus de citron vert et de la sauce soja
  • La branche de céleri : tailler en fines rondelles, mariner avec du jus de citron vert, du nuoc-mâm et de l’huile d’olive
  • L’avocat : tailler en fin quartiers, allègrement arroser de jus de citron vert, puis parsemer de baies de coriandre moulues⠀
  • Tailler les suprêmes de citron

3) Le dressage

  • Disposer aléatoirement tous les ingrédients dans un plat creux
  • Verser les différentes marinades par dessus
  • Parsemer avec les herbes restantes et les fleurs comestibles
  • Finir avec le zeste de citron vert
La touche des chefs

Le secret de la réussite, c’est de dresser et assembler le tout le plus tard possible. Et ne surtout pas tout mélanger dans un saladier, mais plutôt d’éparpiller délicatement les ingrédients dans un plat peu profond. Ce sera ainsi beaucoup plus joli, mais on conserve aussi grâce à cela la singularité et la fraîcheur de chacun.

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point produit

L’avocat : Grande star des réseaux sociaux (où l’avocado toast est presque devenu une religion…) et des restaurants “healthy” grâce à ses propriétés nutritionnelles, l’avocat n’est définitivement pas un modèle de vertu pour l’écologie. On vous explique.

Le pourquoi du comment

1) La consommation d’eau :

 

En moyenne dans le monde, il faut 180 litres d’eau pour faire pousser un kilo de tomates et 130 pour un kilo de salade. Pour un kilo d’avocats, il en faut 1000. Soit 1000 litres pour deux avocats et demi. Pas besoin d’être doué en math pour se rendre compte que c’est faramineux…

Et complètement aberrant quand on sait qu’au Chili les fleuves sont détournés, l’eau est puisée dans les nappes phréatiques qui s’épuisent… et des populations sont privées d’eau au profil des productions d’avocat.

 

2) Le bilan carbone :

 

Le Mexique est le premier producteur d’avocats du monde. Il fournit principalement son voisin les Etats- Unis, mais pas que… La France est le 3ème importateur mondial. Nos avocats proviennent surtout des Antilles, d’Israël, d’Espagne mais aussi d’Amérique Latine.

Dans tous les cas, l’avocat est importé, avec de lourdes conséquences sur l’environnement. On peut parler du transport, évidement, mais c’est principalement la conservation qui alourdit le bilan. Plus il vient de loin, plus c’est énergivore.

Pour arriver en bon état sur nos étals, les avocats (comme les bananes) doivent être maintenus à 6°C (climatisés) afin de ne pas mûrir tout de suite. Mais le froid n’est pas suffisant pour empêcher le mûrissement, il faut aussi une ventilation pour éviter une accumulation de l’éthylène. Le taux d’humidité et la concentration en CO2 sont également contrôlés au millimètre.

Ensuite, les avocats sont chauffés entre 18 °C et 20 °C dans des mûrisseries, et cette fois ci « soufflés » à l’éthylène pour accélérer le processus.

Pour faire une petite comparaison, un paquet de deux avocats moyens a une empreinte carbone d’environ 950g de CO2. C’est presque le double de celle d’un kilo de bananes.

Avocat - arbre

3) La déforestation :

 

Pour augmenter le rendement, certains producteurs rasent illégalement des forêts, entraînant la déforestation de milliers d’hectares. Par exemple au Mexique, 690 hectares de forêt ont été détruits entre 2000 et 2010.

 

4) La pollution :

 

Evidemment, dès qu’un produit a du succès, il faut trouver comment satisfaire la demande. Et avec l’agriculture de masse vient l’utilisation de produits chimiques et autres insecticides.

La Terre est malade, les hommes sont malades

5) Les conditions de travail :

 

En Amérique du Sud, le business de l’avocat est particulièrement hard : conditions de travail inhumaines, salaires ridicules, travailleurs sans papier…

Une particularité au Mexique : flairant le cash, les narcotrafiquants se sont rapprochés des producteurs pour raffler les bénéfices de leurs ventes. Vols de récoltes, racket et menaces sont monnaie courante.

Alors on fait quoi ?

Donner une recette à base d’avocat, et parler du désastre écologique qu’il représente, ça vous paraît hypocrite ? Et bien sachez-le, nous sommes humains et nous avons aussi nos failles ! Mais on en a conscience, et on fait au mieux…

L’idée, avec ce genre d’articles, ce n’est pas de moraliser l’autre et ses choix. Nous sommes mal placés pour se le permettre, et de toute façon, nous ne sommes pas des donneurs de leçons. Dernièrement, on croit fermement qu’on ne changera pas le monde avec du jugement et de la frustration.

On peut, par contre, participer à éveiller les consciences et faire en sorte que chacun fasse des choix éclairés. On peut tous s’engager à sa façon vers une alimentation vertueuse. 

On peut tous faire  sa part de colibri, à sa mesure

↠ Voici donc quelques pistes pour l’avocat :

 

1) S’interroger sur la provenance 

– D’une part, après avoir lu tout ce qui se passe en Amérique du Sud autour de la production d’avocat, on peut se douter qu’il faut boycotter cet exportateur.

De notre côté, c’est clair et net : on ne peut pas excuser la déforestation, la pollution, l’appauvrissement des ressources de notre planète et la mise à mal de ses êtres vivants. Consommer, c’est participer.

 

– D’autre part, ça paraît logique, mais plus l’avocat vient de loin, plus son bilan carbone est élevé. Alors on peut au minimum chercher des produits de provenances plus rapprochées de la France. Sachez qu’aujourd’hui on arrive même à trouver des avocats de Corse, en saison.

 

2) Limiter la fréquence

 

3) Consommer bio ou agriculture raisonnée : on pense aux pesticides, mais également à la consommation d’eau, qui est plus modérée que dans l’agriculture conventionnelle.

 

4) Revoir ses recettes : ici on peut remplacer l’avocat par du fenouil cru finement râpé, le résultat est tout aussi délicieux !

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Cette lecture vous fait-elle réfléchir sur votre consommation d’avocat ?

Pour découvrir nos autres recettes, c’est par ici

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Eric et Claire eatinerances

Quand 2 cuisiniers décident de tout plaquer pour partir en Eatinerances…

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